Le mot du président

A l’heure où l’Europe s’interroge sur ses choix futurs en matière énergétique post Fukushima, et où le thème de l’énergie sera l’un des enjeux de la présidentielle de 2012 en France, le SVDU rappelle avec force que l’incinération des déchets représente un gisement important d’énergie renouvelable, faiblement carbonée, fiable, économique et locale.

Une énergie renouvelable, car les déchets ménagers sont reconnus comme source d’énergie renouvelable par l’Union Européenne depuis 2001 (Directive 2001-77-CE). En France, avec une production annuelle d’énergie équivalent à 7 millions de barils de pétrole, l’incinération des déchets ménagers constitue une source majeure d’énergie renouvelable, au même titre que l’hydraulique, l’éolien ou le solaire.

Une énergie faiblement carbonée, parce que 50% des déchets incinérés sont issus de la biomasse donc sans effet sur le CO2, car largement contrebalancé par celui capturé par photosynthèse lors de la croissance des végétaux dont est issue cette biomasse. De plus, l’énergie produite grâce à l’incinération permet d’économiser du combustible fossile (fuel, gaz, charbon…).

Une énergie fiable. D’une part, l’énergie issue des déchets est indépendante des aléas climatiques (soleil, vent, pluie). D’autre part, les incinérateurs fonctionnent en moyenne 8000 heures par an, soit 4 fois plus qu’un champ d’éoliennes en France. Par cette indépendance aux aléas climatiques et cette régularité dans leur disponibilité, les incinérateurs contribuent ainsi à la sécurisation du réseau électrique.

Une énergie économique, car le prix de vente de l’électricité produite par l’incinération des déchets est le moins cher des énergies renouvelables en France.

Une énergie locale. L’incinération utilise un combustible de proximité, les déchets, indépendant de toute tension géopolitique pour son approvisionnement, et contribue ainsi à l’indépendance énergétique de la France.

Un gisement important, insuffisamment utilisé, parce que les Français produisent 60.000 tonnes par jour de déchets, dont la moitié n’est pas recyclable, même en appliquant les taux de recyclage élevés des pays les plus avancés, comme ceux d’Europe du Nord. Avec une tonne de déchets, l’incinération produit en moyenne 64 kilos équivalent pétrole. Incinérer cette partie non recyclable permettrait d’augmenter facilement la production énergétique actuelle (3500 GWh d’électricité et 6600 GWh de chaleur), et faciliterait l’atteinte par la France de ses objectifs de production d’énergie renouvelable de 23% en 2020.

Un mot enfin, pour tordre le cou à l’idée reçue véhiculée par certains, non, l’incinération ne défavorise pas le tri, bien au contraire : ce sont les pays les plus vertueux en Europe, ceux qui trient et recyclent le plus, et qui produisent le moins de déchets par habitant, comme la Suède, qui incinèrent le plus (cf statistiques Eurostat 2009, dernière version en ligne) !

C’est pourquoi le SVDU rappelle aux décideurs Européens et Français, à l’heure de la remise à plat de certaines options énergétiques, que l’incinération des déchets ménagers représente un gisement important d’énergie renouvelable en France et en Europe, qui contribue à notre indépendance énergétique et sécurise notre réseau électrique.

Luc Valaize
Président du SVDU

SVDU : Syndicat national du traitement et de la Valorisation des Déchets Urbains et assimilés